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Kosovo/indépendance: Tensions avant une manifestation de masse à Belgrade

Par Par André BIRUKOFF AFP - il y a 40 minutes

BELGRADE (AFP) - Belgrade était mercredi à la veille d'une grande manifestation contre l'indépendance kosovare, dans un climat tendu, l'OTAN ayant accusé les dirigeants serbes du nord du Kosovo d'avoir organisé l'attaque la veille de deux postes-frontières avec la Serbie.

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Après ces incidents, les dirigeants de Belgrade étaient soucieux que le rassemblement jeudi au centre de la capitale, qu'ils souhaitent le plus massif de l'histoire récente de la Serbie, soit avant tout pacifique.

"Il ne doit pas y avoir de violence et de mise en danger de vies. Les seuls arguments qui nous donnent le droit de défendre notre Kosovo sont la paix et des actions raisonnables", a souligné le président Boris Tadic à la veille du rassemblement.

Mais la force de l'OTAN, la KFOR, a directement accusé les leaders serbes du Nord du Kosovo d'avoir organisé les violentes attaques de mardi contre deux postes-frontières, incendiés par un millier de Serbes en colère.

Le commandant de la KFOR, le général Xavier Bout de Marnhac, a accusé mercredi "les leaders locaux" serbes du nord du Kosovo de les avoir organisées.

"Certains leaders (serbes) locaux ont pris une responsabilité énorme hier en impliquant des enfants et des femmes dans cette opération et en les mettant en danger", a dit le général après une réunion avec le président kosovar Fatmir Sedjiu et le Premier ministre Hashim Thaçi.

Un des principaux leaders des Serbes du Nord du Kosovo a qualifié cette accusation de "ridicule". "Ces accusations sont ridicules, mais je ne suis pas surpris. Nous avons déjà été accusés dans le passé", a dit le nationaliste Milan Ivanovic à l'AFP.

"Le commandant de la KFOR et la Mission de l'ONU au Kosovo (Minuk) ont occupé le Kosovo. Ils en ont fait un camp de concentration", a-t-il ajouté.

Les Serbes du nord du Kosovo apparaissent désormais comme le fer de lance de l'opposition de la Serbie à l'indépendance du Kosovo et la destruction de deux postes-frontières a pris une dimension symbolique : montrer que rien ne sépare la Serbie du Kosovo, toujours considéré par Belgrade comme "sa" province.

Quelque 40.000 Serbes vivent dans le Nord du Kosovo, sur un total de 120.000, face à près de 2 millions d'Albanais.

Ils ne reconnaissent pas les institutions du nouvel Etat kosovar et conservent avec la mère-patrie d'étroites relations politiques et économiques ce qui pourrait conduire, à terme, à une partition de fait du Kosovo.

La destruction des postes-frontières, "c'est peut être désagréable mais c'est légitime", a dit, au risque d'échauffer les esprits, le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, alors que le premier ministre kosovar, Hashim Thaçi a tenté de minimiser l'affaire, la qualifiant "d'incident isolé".

Plusieurs ministres serbes se sont rendus mercredi dans le nord du Kosovo ou dans diverses enclaves serbes.

Le ministre de l'Economie, Mladjan Dinkic devait visiter un complexe industriel, pratiquement fermé, près de la ville ethniquement divisée de Mitrovica et proposer un plan d'aide économique.

L'indépendance kosovare, déjà reconnue par de nombreux pays, a créé des tensions entre la Russie, soutien indéfectible de la Serbie, et l'Union européenne (UE), qui doit envoyer une mission au Kosovo pour l'accompagner dans ses premiers pas d'Etat souverain.

"La décision de déployer une mission de l'UE au Kosovo n'a aucun fondement légal", a déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Kamynine, dans un communiqué.

Après une visite du diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, la première d'un haut responsable étranger au Kosovo, le Néerlandais Pieter Feith, qui va prendre la tête du Bureau civil international de l'UE qui doit encadrer l'indépendance du Kosovo, a indiqué mercredi avoir entamé son mandat.

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